Une plaque sur une maison de la rue Victor Hugo, dans le vieux village, indique qu'Henri Reynaud a vécu là. Ce brave chasseur aurait pu profiter à jamais d'un anonymat bien gagné par des années d'oisiveté s'il n'avait eu bon cœur, et un cousin doté d'une bonne plume et d'une santé fragile. C'est ainsi qu'Henri Reynaud invita le cousin Alphone (Daudet) à une partie de chasse en Algérie. L'écrivain abrégea son séjour. Il en avait retiré, sinon des couleurs, le modèle du chasseur Barbarin, qui devint Tartarin, "de Tarascon" car ça sonnait joliment. Quant au chasseur, qui avait vécu des rentes de son épouse, il sut jusqu'au bout se tenir à l'abri des pesanteurs du labeur.

La salle de spectacle du village, flambant neuve, porte le nom de Madeleine Béjart , la fameuse actrice qui donna à Molière, entre autres vocations, celle du théâtre. Les futurs amants ont séjourné à Montfrin dans la suite du roi Louis XIII venu prendre les eaux (voir Charles Martel). A cette époque, Madeleine Béjart était une actrice connue et Jean-Baptiste Poquelin, tapissier du roi comme papa. Certains risquent le rapprochement entre le nom de scène de Jean-Baptiste et le coteau des Molières à Montfrin. C'était un temps où Montfrin et les villages voisins possédaient des maisons de maître, on dirait aujourd'hui des résidences secondaires. En été, des toiles tendues entre les façades procuraient de l'ombre aux usagers de la rue principale. On prenait les eaux, on s'amusait, et ça dura jusqu'à la Révolution.






 

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